Standards und Qualität in der Pflege in den Wohn- und Pflegezentren

Les normes et la qualité des soins en MRS : propositions d’indicateurs de suivi et recommandations.

Cette recherche vise à établir les indicateurs de qualité utiles dans la pratique infirmière en maison de repos et de soins, relativement faciles à enregistrer, et qui ne stigmatisent pas certaines institutions en fonction de la population accueillie.

Les résultats de cette étude ont été présentés lors du webinaire organisé par l’UGIB le 7 juin 2021.

Vous trouverez ci-dessous les liens vers les documents et vidéo en lien avec cette étude.

Résumé de l’étude

Les institutions résidentielles pour personnes âgées font face à une évolution considérable ces dernières années. En effet, leur fonction ne se limite pas à un hébergement, mais concerne de plus en plus la prise en soins de personnes présentant des conditions médicales complexes et nécessitant des soins infirmiers ainsi qu’une assistance logistique.

Les professionnels de la santé ont la volonté de fournir des soins de qualité, de contribuer à la bonne santé des résidents et aussi de les satisfaire au quotidien. La crise sanitaire actuelle a mis en évidence l’importance du travail effectué dans les institutions, et la nécessité de donner des moyens pour garantir des soins de qualité.

La notion de qualité est très souvent liée à des valeurs subjectives et il est difficile de juger la qualité d’une institution ou la qualité des soins qui y sont dispensés. L’utilisation systématique d’indicateurs est une pratique de plus en plus courante dans de nombreux pays et permet de suivre l’évolution de la qualité et l’investissement nécessaire sur chaque aspect des soins.

Cette recherche vise à établir les indicateurs de qualité utiles dans la pratique infirmière en maison de repos et de soins.

Pour ce faire, nous avons recherché dans la littérature scientifique, les recommandations en termes de suivi d’indicateurs de qualité, d’encadrement en personnel, et de gouvernance des institutions résidentielles pour personnes âgées. Les résultats de la recherche ont été proposés à un focus group constitué de professionnels se prévalant d’une expertise en MRS afin de s’adapter au mieux au contexte belge, à la pratique clinique en maison de repos et aux besoins des professionnels de la santé.

En conclusion, nous recommandons de recourir à des indicateurs pour assurer le suivi tant de la qualité que de l’encadrement en personnel dans un établissement. D’autres éléments importants à retenir également concernent le leadership clinique et hiérarchique de la profession infirmière, ainsi que la formation continue et la présence d’un panel de professions complémentaires au sein des institutions.

Le PPT de présenté lors du webinaire: 2021 06 07 PPT Webinaire LES NORMES ET LA QUALITÉ DES SOINS EN MRS

Greifen Sie auf die Zusammenfassung der Studie zu (24 S.):  NORMEN UND QUALITÄT DER PFLEGE IN ALTEN- UND PFLEGEHEIMEN: VORSCHLÄGE VON INDIKATOREN FÜR DAS MONITORING UND EMPFEHLUNGEN

Komplette Studie(136 S) : Normen und Qualität der Pflege in Alten- und Pflegeheimen (2021)

 

Synthèse de l’étude (24 p.) : Les normes et la qualité des soins en MRS : propositions d’indicateurs de suivi et recommandations

 

Etude complète (119 p): Les normes et la qualité des soins en MRS : propositions d’indicateurs de suivi et recommandations (2021)


Webinar zu Standards und Qualität in der Pflege in den Wohn- und Pflegezentren

Webinar zu Standards und Qualität in der Pflege in den Wohn- und Pflegezentren

Le lundi 7 juin 2021 de 18h30 à 19h30, webinaire gratuit. Inscriptions obligatoires.

Une traduction simultanée dans les trois langues nationales est prévue pour le webinaire.

Une recherche qui vise à établir les indicateurs de qualité utiles dans la pratique infirmière en maison de repos et de soins, relativement faciles à enregistrer, et qui ne stigmatisent pas certaines institutions en fonction de la population accueillie.

Les résultats de l’étude seront présentés lors de ce webinaire.

 

NORMEN UND QUALITÄT DER PFLEGE IN ALTEN- UND PFLEGEHEIMEN: VORSCHLÄGE VON INDIKATOREN FÜR DAS MONITORING UND EMPFEHLUNGEN

Im Rahmen dieser Studie sollen nützliche Qualitätsindikatoren für die Praxis der Krankenpflege in den Alten- und Pflegeheimen erarbeitet werden, die relativ einfach zu erfassen sind und gleichzeitig Einrichtungen nicht auf Grund der dort aufgenommenen Bewohner stigmatisieren.

 

Zusammenfassung

Pflegeheime haben sich in den letzten Jahren stark verändert: Sie bieten nicht nur Wohnraum, sondern werden zunehmend zu einem Betreuungsdienst für Menschen mit komplexen Erkrankungen, die sowohl pflegerische Betreuung als auch logistische Unterstützung benötigen.

Das Personal kann uneingeschränkt eine hochwertige Pflege liefern, zum Wohlbefinden der Bewohner beitragen und einen zufriedenstellenden Alltag realisieren. Die gegenwärtige Gesundheitskrise hat gezeigt, wie wichtig die Arbeit in den Einrichtungen ist und welche weiteren Mittel eine hochwertige Versorgung erfordert.

Der Qualitätsbegriff hängt sehr oft an subjektiven Werten, und die Qualität einer Einrichtung oder der dortigen Pflege lässt sich nur schwer beurteilen. Immer mehr Länder nutzen systematisch Indikatoren, da sich mit deren Hilfe die Entwicklung der Qualität und die notwendigen Investitionen in allen Pflegeaspekten nachverfolgen lassen.

Diese Untersuchung soll sinnvolle Qualitätsindikatoren für die Pflegepraxis in stationären Pflegeheimen aufstellen.

Dazu haben wir die wissenschaftliche Literatur nach Empfehlungen zum Nachverfolgen von Qualitätsindikatoren, zum Personalrahmen und zur zielführenden Leitung von Wohneinrichtungen für Betagte untersucht. Die Ergebnisse wurden einer Fokusgruppe aus Fachleuten mit Expertise in der Pflegeheim-Erfahrung vorgelegt, um sie mit den belgischen Gegebenheiten, der klinischen Praxis in Pflegeheimen und die Bedürfnisse der Pflegefachkräfte abzugleichen.

Wir können daraus schließen, dass es ratsam ist, sowohl die Qualität als auch den Personalrahmen in einer Einrichtung mittels Indikatoren zu überwachen. Ferner wurden die Bedeutung einer klinischen und hierarchischen Leitung im Pflegeberuf, die Weiterbildung und eine Palette komplementärer Berufe innerhalb einer Einrichtung deutlich.

Greifen Sie auf die Zusammenfassung der Studie zu (24 S.):  NORMEN UND QUALITÄT DER PFLEGE IN ALTEN- UND PFLEGEHEIMEN: VORSCHLÄGE VON INDIKATOREN FÜR DAS MONITORING UND EMPFEHLUNGEN

 

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Rencontres Infirmières 2020

Rencontres Infirmières 2020

Les traditionnelles « Rencontres Infirmières », organisées en collaboration avec SPF Santé Publique et l’Union Générale des Infirmiers de Belgique (UGIB), ont eu lieu le 17 novembre 2020 par Webinar.

Le thème de la journée était « Le bien-être au travail en période de crise sanitaire »

Les présentations des orateurs sont disponibles via les liens.

9h00 – 9h15 : Mot d’ouverture par un représentant des autorités fédérales Santé publique

9h15- 9h30 : Introduction par M. Adrien Dufour – Porte-parole de l’Union Générale des Infirmiers de Belgique (UGIB).

9h30 – 10h15 : « La prévalence du risque du Burn-out liée au Covid- 19 chez les infirmiers francophones » par M. Arnaud Bruyneel – SIZ nursing

10h15 – 10h35 : Mesures adressées aux infirmiers

SPF : le fond blouses blanches, les accords sociaux, le soutien psycho-social 

INAMI : Mesures exceptionnelles durant la crise du Covid-19

10h35 – 11h00 : « Services de prévention et de protection au travail dans les secteurs infirmiers » par M. Mehdi El Fassi, co-président de BeFohn, la Fédération des infirmiers en santé au travail de Belgique

11h00 – 11h15 : Pause

11h15 – 12h00 :  « Comment la structure organisationnelle du travail peut-elle contribuer à un niveau de bien-être plus élevé pour les infirmiers» par M. Geert van Hootegem – HIVA

12h00 – 12h45 :  „La résilience chez les infirmiers „par Mme Birgit Vincke, chercheuse et enseignante en soins infirmiers à la Haute Ecole VIVES

12h45 – 13h00 : Clôture par Mme Josiane Fagnoul, membre du Bureau de l’UGIB et de la KPVDB

 

» Alle neuhigkeiten


Nachricht an die Bevölkerung

Avis à la population

Avant qu’il ne soit trop tard, ne nous faites pas perdre espoir.

Avant de devoir nous applaudir à nouveau, il est encore temps d’agir rapidement.

Avant que le rebond ne devienne une vague ou un tsunami, il est encore temps de réfléchir.

Trop de soignants sont déjà tombés et d’autres risquent de suivre.

Trop de soignants sont toujours inquiets face à l’avenir et impuissants face à de mauvais comportements.

Comme l’a dit Dominique Pire, notre prix Nobel de la paix, „agir sans savoir est imprudent et savoir sans agir est une lâcheté“, maintenant vous savez comment cous comportez et devez agir.

Aujourd’hui, c’est à notre tour de compter sur vous afin de ne pas nous mettre en danger.

Lavez-vous les mains, gardez les distances et portez correctement votre masque.

Respectez les règles, tout le monde sera gagnant.

Prenez soin de vous.

Prenez soin des autres.

Prenez soin de nous… afin que nous puissions toujours assurer notre rôle.

 

En mémoire de nos collègues, afin que les efforts de tous ne soient pas vains.

 

L’Union Générale des infirmiers de Belgique (UGIB) représente la profession infirmière.

A travers les 46 associations professionnelles infirmières membres de l’UGIB, elle compte plus de 32.000 infirmier.e.s affilié.e.s


COVID nursing team readiness study Juin 2020

COVID nursing team readiness study Juin 2020

Près d’un quart des prestataires de soins utilisent trop peu de matériel de protection

Selon une étude menée par l’Université d’Anvers à la demande de l’Union Générale des Infirmiers de Belgique, la majorité des prestataires de soins disposent d’équipements de protection individuelle en suffisance. Cependant, le matériel n’est pas toujours utilisé conformément aux directives de Sciensano.

Communiqué de presse:  Lire la suite…

Infographic COVID nursing team readiness study (juin 2020) 

Malgré une meilleure disponibilité du matériel la bonne utilisation reste aléatoire. L’Union Générale des Infirmier de Belgique demande une ligne de conduite claire, identique pour tous et scientifiquement validé.


Rapport annuel 2019

Rapport Annuel 2019

Le rapport annuel donne un aperçu des activités de l’UGIB en 2019. Une année au cours de laquelle l’UGIB a continué à travailler, grâce à ses membres, pour le développement de qualité de la profession et le bien-être au travail des infirmiers. En défendant constamment nos points de vue et nos valeurs, nous avons influencé le processus décisionnel et l’opinion publique sur la profession et les soins infirmiers. Vous pouvez lire le rapport annuel 2019 ici.

Rapport Annuel d’activité AUVB-UGIB-AKVB 2019.pdf


Internationaler Tag der Krankenpflege

Internationaler Tag der Krankenpflege

Il y a 200 ans, le 12 mai 1820, naissait Florence Nightingale, à l’origine des soins infirmiers tels que nous les connaissons aujourd’hui. L’occasion, pour l’Union Générale des Infirmiers de Belgique (UGIB), de rappeler le rôle majeur de cette profession dans notre société. Les infirmiers et infirmières sont essentiels pour la Santé publique. La crise sanitaire actuelle liée au Covid-19 le prouve chaque jour. Plus que jamais, le secteur infirmier nécessite un important réinvestissement financier mais aussi humain.

Née en 1820 à Florence, une des villes italiennes qui, deux siècles plus tard, allait figurer parmi les premières en Europe à être frappées de plein fouet par le nouveau coronavirus SARS-CoV-2, Florence Nightingale aurait sans nul doute pu faire partie des héroïnes d’aujourd’hui, de ces centaines de milliers de soignant·e·s que la population applaudit chaque soir à 20 heures. Pionnière des soins infirmiers modernes, précurseur dans la formation du personnel soignant, cette infirmière britannique de bonne famille n’a, en son temps, jamais hésité à bousculer les codes. Confrontée, déjà, à une pénurie de matériel et à une mortalité importante (Guerre de Crimée), Florence Nightingale a instauré des règles sanitaires – des objets, des locaux, du linge de corps – qui sont plus que jamais d’actualité avec la pandémie actuelle. Elle a fondé la première école d’infirmières (1860), au cœur même de l’hôpital et en collaboration étroite avec les médecins. Quelle modernité ! C’est elle également qui, à l’écoute des besoins des malades et jamais avare de réconfort, mit en lumière l’importance de la relation patient-soignant. Enfin, férue de mathématiques, Florence Nightingale jonglait avec les statistiques médicales et excellait dans la présentation d’informations de santé publique. Elle aurait fait une experte parfaite pour les médias d’aujourd’hui !

L’héritage de Florence Nightingale fait terriblement écho à la situation que nous vivons actuellement. Chaque jour qui passe nous montre combien les soins infirmiers sont essentiels à la santé de tous et de chacun. Quelque 140 000 infirmiers sont actifs aujourd’hui en Belgique. La garantie des effectifs est cruciale pour la qualité des soins dans nos hôpitaux, nos établissements de soins et pour la collectivité, de même que pour la sécurité des patients. Un nombre approprié d’infirmiers doit être disponible en permanence pour assurer ces prestations, en combinaison avec une formation d’excellence, des compétences diversifiées et une forte expertise pour satisfaire aux besoins du patient, et s’assurer que l’environnement et les conditions de travail permettent au personnel de fournir des soins de qualité. Nouvelles connaissances et technologies, évolution de la législation et du paysage des soins de santé, bouleversements socioéconomiques… Les infirmiers sont continuellement soumis à de nouveaux défis. La pression au travail est de plus en plus élevée et le manque de personnel et de moyens, récurrent. Donnons enfin à la profession infirmière la place et la reconnaissance qu’elle mérite. Donnons-lui les moyens (temps, matériel, salaire, valorisation) d’une pratique de qualité et d’une qualité de vie au travail. Ce sera la meilleure façon de la remercier pour son engagement total et ses sacrifices de ces dernières semaines.


Pressemitteilung Umfrage UZA & AKVB

Bruxelles, le 09 mai 2020

Près d’un prestataire de soins sur cinq ne dispose pas de masques FFP en suffisance

Dans l’enquête menée par l’Université d’Anvers, les infirmiers et infirmières indiquent n’avoir toujours pas assez de matériel à disposition

Selon une étude menée par l’Université d’Anvers à la demande de l’Union Générale des Infirmiers de Belgique, un quart des prestataires de soins indiquent ne pas disposer de matériel suffisant pour se protéger. En outre, 27 % des prestataires déclarent ne pas avoir la possibilité de dépister les patients potentiellement infectés.

La crise actuelle du coronavirus est rythmée par le besoin de masques, de tabliers et autre matériel de protection. Dans une nouvelle étude, les chercheurs de l’Université d’Anvers ont interrogé 1216 infirmiers(ères), aide-soignant(e)s et membres du personnel soignant. Cette étude a été réalisée à la demande de l’Union Générale des Infirmiers de Belgique (UGIB), qui souhaite connaître les besoins actuels des prestataires de soins sur le terrain dans le cadre de la crise du COVID-19.

« 18 % des personnes interrogées indiquent ne pas disposer de suffisamment de masques FFP pour pouvoir se protéger de manière optimale », déclare Filip Haegdorens (Université d’Anvers). « Nous déplorons également une pénurie de tabliers, de visières, de masques chirurgicaux et de gants. En outre, le personnel soignant signale un manque de matériel de base pour les soins. Ce chiffre est nettement supérieur pour les soins à domicile et dans les centres d’hébergement. Le manque d’oxygène a également été avancé par 18 % des prestataires actifs dans les centres de soins résidentiels. En outre, 7 % des prestataires de soins à domicile signalent une pénurie de médicaments palliatifs. »

27 % des prestataires déclarent ne pas avoir la possibilité de dépister les patients potentiellement infectés. L’explication la plus probable est que les kits de test ne sont pas toujours disponibles. « Nous devons pouvoir dépister les patients qui présentent des symptômes. C’est un élément important de la stratégie de sortie et nous suivrons de près l’évolution de ces chiffres au cours des prochains mois ».

Pas prêts pour la sortie

Bien que la Belgique ait prudemment commencé à assouplir progressivement les mesures prises dans le cadre de la crise du COVID, 87 % des infirmiers(ères) et des aide-soignant(e)s ne sont pas encore prêts à réduire les mesures dans leur propre environnement de travail. Dr Haegdorens : « Nos collègues continuent de déployer des efforts exceptionnels qui semblent prendre l’allure d’un marathon. Nous constatons que seuls 69 % des personnes sondées estiment pouvoir prodiguer des soins d’une qualité suffisante à leurs patients. La question est évidemment de savoir si ce chiffre était plus élevé avant la crise. »

Enfin, la moitié des infirmiers(ères) et aide-soignant(e)s n’ont guère confiance en l’approche adoptée par les autorités pour gérer cette crise.
Pascal Vanmeenen (UGIB) souligne que les infirmiers(ères) et les aide-soignant(e)s se trouvent en première ligne de la pandémie de coronavirus depuis déjà plusieurs semaines. Ils fournissent un travail remarquable et méritent tout notre respect à cet égard. Ce sont ces personnes qui, en toutes circonstances, doivent disposer d’équipements de protection, de kits de test et d’un encadrement suffisants pour pouvoir travailler en toute sécurité et fournir des soins de qualité. Les résultats révèlent que ces conditions ne sont pas toujours remplies. Impliquer davantage les infirmiers(ères) de manière cohérente et structurelle dans les décisions politiques et prendre en compte l’expertise disponible au sein du groupe professionnel pourrait certainement y contribuer de manière positive.

Les chercheurs invitent tou(te)s les infirmiers(ères) et aide-soignant(e)s en Belgique à participer à nouveau à l’enquête le mois prochain sur le site www.ugib.be.

Communiqué de presse sur l’enquête ici: Communiqué de presse NuTeReS Mai 2020.pdf


La gestion de la crise du Covid-19 du point de vue de la profession infirmière

Communiqué de presse

La gestion de la crise du Covid 19 du point de vue de la profession infirmière; le torrent qui fait déborder l’océan

Bruxelles, le 07 mai 2020. – Deux nouveaux Arrêtés Royaux (AR) ont été publiés au Moniteur Belge ce 4 mai 2020. Le premier concerne la réquisition des professionnels des soins de santé et le second l’exercice de l’art infirmier par des professionnels de soins de santé non qualifié.

Les associations professionnelles infirmières représentent et défendent les praticiens de l’art infirmier. Depuis 2013, 46 d’entre elles se sont rassemblées au fur et à mesure sous la coupole de l’Union Générale des Infirmiers de Belgique (UGIB) afin d’unir leur voix et de faire entendre les besoins des professionnels.

Se faire entendre, être consulté n’est déjà pas chose aisée en temps normal, alors qu’en est-il en temps de crise ?

Le bilan est simple, nous ne sommes que peu ou pas entendus, nous ne sommes que peu ou pas consultés, nous ne sommes que peu ou pas informés. Et ce, bien que depuis le début de la crise du Covid-19, l’UGIB ainsi que plusieurs associations se soient manifestées, auprès des différentes structures politiques et entités fédérées, en donnant leurs visions et avis constructifs sur la gestion de la crise ainsi que sur les besoins des professionnels qu’ils représentent dans tous les secteurs d’activités (hôpitaux, MR-MRS, soins à domicile …).

Notre dernier courrier demandait un avenir meilleur qui offre des perspectives et des garanties à nos professionnels, un avenir où les professionnels puissent enfin être reconnus comme incontournables face aux enjeux de santé publique et à l’évolution des soins de santé… mais quelle ne fut pas notre surprise d’apprendre récemment la publication expresse de deux arrêtés royaux concernant notre profession, et ce, sans une réelle concertation et information correcte du secteur. Ceci est donc vécu comme une véritable gifle dans le visage d’une profession qui, depuis le début de la crise,  est au front et mise à mal.

Si certains éléments de ces AR trouvent leur justification au regard de la crise, ils nécessitent d’être expliqués, précisés, amendés. Le flou autour des modalités d’application fait craindre le pire pour une profession qui se sent peu valorisée, peu reconnue et qui se voit banalisée, tant il serait « apparemment » facile de transférer des connaissances à d’autres professionnels de la santé, alors que toutes les études démontrent, entre autres, qu’en fonction du nombre d’infirmiers présents au chevet du patient et de leur niveau de qualification, le taux de mortalité diminue. Une profession où les cicatrices historiques des mesures transitoires (brevet infirmier) sont toujours bien présentes et ne sont toujours pas résolues.

Une fois encore, la méthode n’est pas la bonne, et nous ne pouvons rester à attendre et à ne rien dire. Malheureusement (ou heureusement), nous ne pouvons pas nous arrêter, nous ne pouvons pas jeter les armes, car la garantie de la continuité de prise en charge des patients, résidents ou autres prime et reste notre mission première… mais aujourd’hui la coupe est pleine et nous demandons à être entendus, reconnus et qu’une politique structurelle soit définie sur le long terme afin d’offrir des perspectives meilleures qui ne s’arrêteront pas après la crise avec les applaudissements.

Une fois encore, les motivations qui nous poussent à agir sont bien de garantir la sécurité de nos professionnels de santé, la qualité et la continuité des soins pour les patients ainsi que la pérennité du système sanitaire, tant tous ces éléments sont mis à mal. Il n’est pas normal encore à ce jour que :

  • la problématique de la disponibilité et de la conformité du matériel de protection ne soit pas résolue ;
  • les informations communiquées entre les différents organes et entités ne soient pas cohérentes ;
  • la politique de dépistage ne soit pas claire et opérationnelle ;
  • l’encadrement en personnel fasse toujours défaut ;
  • le plan de déconfinement n’ait pas été travaillé avec la profession ;
  • la nomenclature ne soit pas encore en cohérence avec la réalité de terrain et le coût réel des prestations en tenant compte du risque représenté par celles-ci ;
  • les professionnels qui sont exposés de manière récurrente aux patients Covid 19 ne soient pas valorisés ;
  • un cadastre réel des praticiens de l’art infirmier toujours actifs avec la disponibilité du lieu d’activité et du secteur d’activité ne soit pas disponible ;
  • notre mémorandum, accompagné d’un nouveau plan d’attractivité, ne  soit pas soutenu par un entérinement politique par :
    • des normes d’encadrement de qualité pour des soins de qualité dans tous les secteurs des soins infirmiers ;
    • une différenciation des fonctions équitable et correctement financée avec la poursuite et l’amélioration des travaux IFIC ;
    • des moyens de formation (y compris la formation continue) adéquate et de qualité, avec des objectifs précis à court et à moyen terme ;
    • une meilleure structuration/coordination des activités infirmières (intra et extrahospitalières) ;
    • Une représentation réelle et équilibrée de la profession infirmière dans tous les organes qui la concernent ;
    • un meilleur financement, notamment de la recherche, la formation, l’éducation des patients, la coordination, et les activités de promotion de la santé ;
    • des moyens (temps, matériel, salaire, valorisation) pour une pratique de qualité et une qualité de vie au travail ;
      • la reconnaissance de la pénibilité de la profession infirmière ;
    • une réelle considération de notre volonté de soutien et d’expertise.

Pour conclure, nous souhaitons également attirer l’attention de tous, à l’heure où nous parlons du déconfinement et de la préparation à une deuxième vague, que les premiers résultats d’études récentes montrent que les professionnels infirmiers ont un risque de burn-out élevé avec un épuisement émotionnel bien marqué et renforcé par les points cités précédemment. Dès lors, une vague à craindre, et qui sera peut-être la prochaine, est bien celle d’un secteur en souffrance qui s’effondre, qui ne se sent pas entendu, reconnu et valorisé, et pour lequel la relève se déforce à chaque année académique.

Ce communiqué de presse est rédigé conjointement au nom du président fédéral et des présidents des chambres francophones, germanophones de l’Union Générale des Infirmiers de Belgique (AUVB-UGIB-AKVB) :

  • Paul Sonkes – président fédéral AUVB-UGIB-AKVB
  • Daniel Schuermans – vice-président fédéral AUVB-UGIB-AKVB
  • Adrien Dufour – président de la chambre francophone UGIB
  • Josiane Fagnoul – présidente de la chambre germanophone AKVB